Le Journaliste Et Les Trois Rois - Mustafa Alaoui - Magellan et Cie
Référence: 100015

Le Journaliste Et Les Trois Rois - Mustafa Alaoui - Magellan et Cie


150,00 Dhs 144,00Dhs

Traduction et adaptation des mémoires de Mustafa Alaoui, premier journaliste accrédité après l’indépendance du Maroc, patron de presse et intime des rois du Maroc : Mohamed V, Hassan II et Mohamed VI de 1960 à 2011. Préface de Patrice Romedenne (France 2), livre publié avec Casa Express (Casablanca) 1938. Naissance à Fès. 1958. Premier Marocain détenteur d’une bourse française de journalisme. 1965. Fonde Al Ousboue après l’interdiction d’Al Kawaliss. 1967. Couvre la guerre du Vietnam. 1975. Est fait prisonnier dans le Sahara mauritanien. 1996. Al Ousboue interdit. Publie un livre sur Mohammed V. 2011. Publie ses mémoires : Un journaliste et trois rois. Vous êtes un habitué des interrogatoires. Lequel était le pire ? Le pire, pour user d’un euphémisme, était à Dar El Mokri en octobre 1963. J’ai fait partie des personnes soupçonnées de sympathie avec l’ UNFP (Union nationale des forces populaires), taxée de principal opposant au régime de Hassan II, voire d’organisation terroriste. Pour vous donner une idée de la torture que j’ai subie, sachez que mes pieds étaient en lambeaux et investis par les vers. C’est un gradé de l’armée, lui-même détenu, qui m’a sauvé en prenant sur lui de nettoyer mes plaies. C’est là que vous avez partagé votre cellule avec un jeune officier nommé Hosni Moubarak, le futur Raïss égyptien... Une nuit, on a ramené des officiers dans ma cellule. Les yeux bandés, l’un d’eux tâtonnait comme pour explorer les lieux. Il retire sa main à mon contact et signifie à ses camarades qu’ils ne sont pas seuls. Le lendemain, je me retrouve dans les toilettes. Le surlendemain, on me met dans un sac et on me transfère à Oujda où je passe trois mois. Le fait que vous soyez un Alaoui proche de la famille royale ne vous a-t-il pas épargné détentions et tortures ? Du tout. L’Histoire du Maroc nous apprend que ceux qui ont le plus été tabassés par Abid El Afia (littéralement les esclaves du feu, chargés d’appliquer les châtiments ordonnés par le roi à l’encontre de son entourage. NDLR) sont des Alaouites. Et il y a Alaouite et Alaouite ! Et votre dernière rencontre avec Hassan II ? Je me souviens surtout de la première, quand il m’avait convoqué pour discuter, en tête à tête, d’un reportage que j’avais publié dans Al Fajr sur la guerre du Rif. Hassan II traitait les journalistes de manière plus qu’honorable avant le coup d’état de Skhirat en 1971, mais il a changé d’attitude après. Pour sa conférence après le coup d’état, un policier m’a intercepté à la porte du palais pour me fouiller. Me voyant protester, il me dit que ce sont les ordres. J’ai simplement répondu que Mustapha Alaoui n’est pas tenu par ces ordres et qu’il ne remettra plus les pieds au palais. Vous qui avez côtoyé les chefs d’Etat de la région, imaginiez-vous que leurs successeurs allaient subir les foudres du Printemps arabe ? J’ai une sorte de don, une intuition si vous voulez, qui me disait que ces dirigeants n’étaient pas fréquentables et j’ai commencé à le sentir il y a près de 20 ans. C’est ce qui m’a poussé à prendre mes distances, même avec Kadhafi. Lui, il voulait carrément publier en Libye un livre que j’ai écrit sur l’exode des juifs marocains en Israël. Mais nous avons bloqué sur un mot. Il voulait, dans le titre, mettre “Ennemi” à la place d’Israël”. J’ai dû tout abandonner pour ce qui lui paraissait un simple détail. En 2003, vous êtes arrêté en vertu de la loi antiterroriste. Quel souvenir en gardez-vous ? Heureusement que le roi est intervenu pour rectifier les choses en me graciant (il a été condamné à plus de 4 ans de prison en première instance. NDLR). Toute cette période était une page noire dans ma vie. Je me souviens surtout que le jour de mon arrestation, on m’avait trimballé de Rabat à Casablanca pour m’abandonner dans une cellule. Un policier a vu que j’allais très mal puisque que je suis diabétique et on a décidé mon transfert à l’hôpital. Avec le peu de lucidité que je gardais, j’ai entendu un autre flic dire que je jouais la comédie. Un parfait imbécile, car j’ai frôlé la mort. Mohamed Boudarham, journaliste à Tel Quel, 2011.

Mustafa Alaoui - Magellan et Cie (13 novembre 2012) - 978-2350742342

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